Le brame du cerf

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous n’avons pas pris l’eau

 

Le temps variable n'a pas réussi à faire taire les cerfs.

 

 

 

Avant cela, nous avons mis en place une stratégie particulière pour toi Bernard parce que tu nous manquais.

 

Pensant que tu avais eu des problèmes avec les travaux sur la route de Nax, Loye, Vercorin nous avons pensé que tu nous rejoindrais directement à La Lé par le bisse de Vercorin.

 

Nous en avons fait part à tous les groupes qui s'y rendaient pour déguster une fondue.

 

A ce moment là, commença à tomber une légère bruine du Nord qui nous a décidé à partir à l'aventure, vers le Sud

 

De connivence avec Cécile Mury, excellente cuisinière - artiste et Bernard Poyeton nous sommes descendus en direction de leur chalet aux Vernis, non loin de celui de Corinna Bille et de Maurice Chappaz.

 

Autour d'une tarte aux orties fraîches, du jambon pata négra, des tomates cerises, des chips du pain de seigle et un bon vin de France, nous avons échangé en toute amitié et lu un texte encore inconnu sur ce Vallon qui nous fait rêver.

 

 

 

Le sentier en sous bois des Vernis aux mayens de Réchy ne pouvait pas être plus agréable, recouvert d'aiguilles souples couchées sur une terre de forêt encore tiède.

 

Il fallut s'arrêter quelques fois pour laisser revenir les derniers sur les premiers et écouter ensemble des textes sur le vallon, le brame et le rut.

 

Un chamois siffla, nous l'aperçûmes, tranquille entre les grands épicéas juste avant que la nuit ne le fit disparaître.

 

 

 

La longue marche débuta sur la route des mayens, remodelée et lissée au trax: on y fait de nouveaux captages d'eau potable et on rénove des conduites sclérosées, vieilles de cent ans.

 

 

 

Alors que nous montions dans un silence presque monacal, des voix lointaines, vigoureuses envahirent ce petit vallon qui se transforma très vite tout entier, en un ardent brame généralisé.

 

La pluie arriva enfin sans se presser, mais, notre attention était si intense qu’elle nous la fit oublier.

 

 

 

La buvette de La Lé était pleine à déborder et une épaisse odeur de fromage courait entre les herbes au ras du sol.

 

Marie, l'instigatrice du projet Vivaldi se faufila parmi les convives attablés, et tenta de voir si Bernard Forrer absent au départ nous avait rejoints. Point de Bernard en vue, lui, le fidèle d’entre les fidèles des amis du Vallon de Réchy!

 

 

 

 

 

Savez – vous par quoi, par qui, il a été retenu? Par sa petite fille Léa de 11 mois Vous connaissez certainement l’engagement des capitaines en cas de naufrage: « Les femmes et les enfants d’abord. » C’est tout simplement pour Léa qu’il choisit à la dernière minute de rester auprès d’elle. Il chercha en vain sa corne de brumes pour en avertir les aventuriers d’une nuit sans lune.

 

 

 

Au retour, une file de marcheurs s'étirait le long du bisse de Vercorin. Les pierres en faisaient trébucher quelques-uns; les lampes frontales les protégeaient.

 

On aurait cru une vraie procession sous la protection de Marie.

 

Vivre tant d'instants merveilleux en quelques heures, nous fait dire que, tout compte fait, le mauvais temps n'est pas si mauvais qu'on croit.

 

Nos regrets et notre compréhension pour celles et ceux, parents, enfants, qui pour des raisons de conditions atmosphériques instables ont décidé d’y renoncer.

 

 

 

 

 

Jacques

 

Au chalet " Chez Cécile et Bernard " Les Vernis Vallon de Réchy

 

Le cerf est caché derrière le chalet

La boisson et la tarte aux orties chez Bernard, tant pis pour ceux qui sont pas venus!!!

En route pour écouter le brame du cerf

 

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